Next Page

Download the pdf(107KB)

Chapitre Zero3

SDI Africa: Un Guide de Mise en oeuvre Preambule

Ce guide est une compilation résultant d’un effort de coopération entre la Commission Économique pour l’Afrique (CEA), l’Association "Global Spatial Data Infrastructure (GSDI)" et SIE-Afrique, avec la collaboration de l’Institut International des Sciences de l’Information Géographique et de l’Observation de la Terre (ITC). L’objectif de cette compilation est d’aider les pays africains à améliorer la gestion de leurs ressources de données géospatiale de manière à fournir aux gouvernements un appui effectif à la prise de décision et à assurer une participation de la société entière au processus.

 

Rôle de l’information géographique dans le développement de l’Afrique

L’information géographique ou Géo-information (GI) offre un mode commun de langage et de référence pour établir des liens et un équilibre entre le capital économique, environnemental et social en vue d’améliorer le fondement d’une réponse sociale. L’accès aux données à référence spatiale et les mesures qui régissent cet accès sont décisifs pour la conception des politiques, des programmes et des projets.

L’information géographique constitue une partie indispensable de la connaissance disponible au niveau des sciences modernes de l’information et de la communication. Elle est requise à tous les niveaux de l’administration, de l’économie, des sciences et par le grand public. C’est le support de base pour la planification des actions dans de nombreux domaines. L’information géographique aide les gouvernements et les communautés à planifier la sécurité intérieure, à assurer l’infrastructure de base, à protéger l'environnement et à traiter des questions de santé publique et de sécurité aussi bien qu'à prendre des décisions au quotidienne relatives à la gestion des ressources.

Le Plan de Mise en oeuvre du Sommet Mondial sur le Développement Durable a reconnu que la mise en oeuvre de l’Agenda 21 et la réalisation des objectifs communs de développement au plan international, y compris les Objectifs de Développement du Millénaire et le plan lui-même, requièrent le développement de "systèmes d’information qui rendent possible le partage de données de valeur, y compris un échange intensif de données d’observation de la terre". Ceci est également vrai pour la réalisation des objectifs du NEPAD. Les planificateurs et les responsables des politiques exigeront de grandes quantités d’information géographique pour traiter la majorité des aspirations créées par ces objectifs et initiatives. Il existe un besoin reconnu de facilitation de l’accès à l’information publique et à la participation du public, de fournir un accès local à l’information à un prix abordable, d’intégrer des systèmes d’information à jour sur les pratiques d’occupation du sol, entre autres mesures propres à la participation du public à la prise de décision.

Défis et perspectives en Afrique

Actuellement, les données et les informations géospatiales sont sous-utilisées. Il y a un certain nombre de facteurs qui sapent la capacité d’un pays ou d’un groupe de pays à utiliser l’information spatiale de manière effective dans le processus de planification. Ces facteurs comprennent l’ignorance des décideurs, le faible approvisionnement en données de base, la découverte incertaine de données, les mécanismes d’accès et d’échange, l’impossibilité d’effectuer des opérations entre les jeux de données et l’insuffisance des ressources humaines et techniques.1

Les pays de la région ont probablement besoin de réviser leurs stratégies de gestion de l’information et d’adopter de nouveaux critères qui assurent la prise en compte par les gouvernements et la société de l’information géographique dans toutes les prises de décisions relatives au développement. Heureusement, de nouveaux progrès en matière de gestion de l’information géographique offrent des opportunités exceptionnelles d’interaction entre producteurs et utilisateurs de l'information géographique en vue de son intégration dans les activités courantes des institutions et des individus. Ces progrès ont également apporté des changements importants dans le concept même de ce qu’est l'information spatiale et par conséquent, dans la manière dont elle est produite, stockée, son mode d'accès, de distribution et d’utilisation. Les jeux de données géographiques dont disposent les pays sont considérés de nos jours comme des patrimoines nationaux et pas simplement comme l'objet de dépenses coûteuses.

L’Internet a introduit de nouvelles dimensions dans la gestion de l’information et de la connaissance. Parmi ses bénéfices considérables, il permet de partager sélectivement des données et des informations entre utilisateurs d’un même pays et à travers le monde. L’Internet a étendu sa portée et ses applications aux services dans le domaine de l’information spatiale. Dans les pays développés, la technologie de l’Internet s’est avérée aux utilisateurs un support irremplaçable pour l'identification et la localisation des données géographiques résidant sur des sites très dispersés et aux producteurs, un moyen inestimable de distribution de leurs services et de leurs données et d’évaluation des besoins des utilisateurs.

Infrastructures de Données à référence Spatiale

Les ressources disponibles pour la collecte, la gestion, la distribution et l’utilisation des données et des informations géospatiales sont considérées comme le fondement d’une société, résultant du concept d'Infrastructure de Données à référence Spatiale (IDS) avec un accent sur la coordination et le partenariat en vue de livrer des produits de données à référence spatiale et d’information aux décideurs dans une forme d’utilisation facile. Les IDS sont de plus en plus reconnues comme une partie indispensable de l’infrastructure nationale dans les pays.  Elles doivent se développer et faire l'objet d'une maintenance comme le sont d’autres composantes de l’infrastructure économique. Elles constituent une vigoureuse réponse aux défis auxquels font face les gouvernements et les sociétés dans l’utilisation des données à référence spatiale et leur transformation en information et en connaissance requises pour la prise de décision. Les IDS englobent les politiques, les technologies et les dispositions institutionnelles requises pour la livraison d’informations à référence spatiale partant de différentes sources en vue d'atteindre le groupe d’utilisateurs potentiels le plus grand possible [FGDC]. Elles offrent à tous les membres de la société un accès libre et transparent à l’information géographique.

En Afrique, la création d'Infrastructures Nationales de Données à référence Spatiale (INDS) a été initiée par un certain nombre d’organisations et de groupes, comprenant des organisations du système des  Nations Unies, des associations professionnelles et le secteur privé, notamment SIE-Afrique, GSDI, AARSE, FIG, AIC, ESRI, PNUE et CEA. Un certain nombre de séminaires et d’ateliers de sensibilisation et de développement des capacités ont été organisés au plan régional et national ces deux dernières années pour faire comprendre ce que sont ces infrastructures, comment elles se développent, comment elles fonctionnent et pourquoi elles sont importantes. Des préparatifs sont en cours pour bien d’autres rencontres du genre.

Les délégués à la seconde édition du Comité sur l'Information pour le Développement (CODI), un organe statutaire de la CEA, dont les fonctions prennent en charge celles dévolues à la Conférence Cartographique Régionale des Nations Unies pour l’Afrique, ont noté qu’il y avait un besoin urgent de développer une IDS régionale qui fournirait aux pays africains la capacité d’acquérir et de traiter des informations à référence spatiale. A cet égard, le Comité adopta une résolution recommandant aux états membres d'accorder la priorité à la création d'IDS avec toutes les composantes nécessaires. Au cours des conférences suivantes (FIG/HABITAT/ ISK de Nairobi en Oct. 2001; AFRICAGIS de Nairobi en Nov. 2001; UNGIWG de Washington en Juin 2002; GSDI6 en Septembre 2002) des représentants des Etats, du milieu universitaire, des organisations professionnelles et d’autres secteurs ont appuyé ces recommandations du CODI ou lancé des appels similaires en direction des Etats membres. Cependant, il n’existe pas de seule source unique d’information ou d’orientation sur la manière de procéder pour créer une infrastructure nationale de données à référence spatiale.

Le guide africain des IDS

GSDI, SIE-Afrique et la CEA, avec le soutien de l’ITC, se sont mis d’accord au milieu de l’année 2002 pour travailler ensemble en vue de rassembler et de compiler les informations et les orientations éparses en un seul document spécifique à l’Afrique, et constitue un document de bord sur la manière de développer des IDS. Les objectifs assignés au départ à ce document sont les suivants:

Un document, sous la forme de guide portant sur des étapes concrètes pour mettre en oeuvre  des IDS en Afrique, ayant pour cible tous ceux qui jouent un rôle important dans la promotion, l’adoption ou la mise en oeuvre d’infrastructures de données à référence spatiale dans leurs pays d’origine. Il s’agit des administrateurs et des gestionnaires des instituts géographiques et de leurs agences, des structures chrgées de la cartographie des ressources naturelles, des législateurs et des décideurs, et des grands utilisateurs de produits d’informations géographiques.

Cependant, l’on s’est vite rendu compte qu’il serait difficile de produire un guide par étapes, étant donné que le développement des IDS ne se prête pas aux procédés algorithmiques. Un autre constat est que pendant la préparation du document, l’on doit beaucoup faire attention pour éviter de répéter ou de copier ce qui a déjà été fait, mais plutôt l’améliorer. Ce guide doit en particulier compléter le "guide culinaire" sur les Infrastructures de Données à référence Spatiale (IDS) édité par GSDI tout en s’adaptant au contexte africain, et tant que faire se peut, il doit être écrit par des africains.

Ce guide est conçu comme un document évolutif. Pendant qu’une version statique sera disponible sous forme imprimée et sur CD-ROM, l’accent sera mis sur une publication en ligne pour faciliter la mise à jour continue étant donné que les techniques et les procédés changent et que de  nouvelles sources documentaires deviennent disponibles. En plus des indications très pratiques pour développer les diverses composantes d’une IDS dynamique, ce guide fonctionnera comme une bibliothèque en ligne portant sur les ressources relatives au développement des IDS.

Des experts sélectionnés en Afrique et à l’étranger, dotés d'une connaissance et d'une expérience étendues en matière de progrès dans la gestion de l'information géographique aux niveaux national, régional et international, ont apporté leurs contributions aux différents chapitres de ce guide. Ils ont fourni des expériences, des solutions et des perspectives de leur pays sur les questions diverses que ce guide aborde.  Les éditeurs souhaitent leur exprimer leur satisfaction pour leur coopération de valeur et leur enthousiasme.

 

1  Le document de position de principe de SIE-Afrique (2002) identifie cinq facteurs qui déterminent la capacité d’un pays à exploiter efficacement l’information géographique: l’existence de jeux de données à référence spatiale de base; l’accès à une documentation relative aux données à référence spatiale existantes, l’adhésion à des normes relatives à l’information géographique; des politiques et des pratiques qui favorisent l’échange et la réutilisation de l’information géographique et des ressources humaines et techniques suffisantes pour rassembler, traiter et distribuer l’information géographique.   Le document identifie la mobilisation de ces facteurs comme l’Infrastructure de Données à référence Spatiale (IDS).

Top Of PageNext Page